vendredi 27 avril 2012

Le péché de penser II

Si j'ai bien compris leur discours. Carrés verts = être responsable = ne pas être un poids pour la société = payer pour son éducation quitte à s'endetter = ce qui oblige à choisir un métier «utile» =  qui répond aux besoins actuels du marché, de la société actuelle.  

Idée reçue :  L'école doit créer une main d'oeuvre pour répondre aux besoins du marché, l'université doit produire des gradués en fonction des postes ouverts, etc., les fameux débouchés dont les prof d'ECC nous rabattaient les oreilles. 

Ça semble aller de soi. Et pourtant cela implique une conception du monde qui, pour être bien ancrée, n'en est pas moins discutable: le maintien du statu quo, la reproduction terme à terme, l'idée que l'institution doit recréer ce qui est déjà et non créer les normes de demain, apporter du changement, une société nouvelle.   

Juste ça. Juste si on pouvait amener certains de ces jeunes (et leurs parents!) à considérer cette possibilité. 

La possibilité que la fonction de l'université ne soit pas de faire en sorte que tout continue comme avant. Pas seulement en tout cas. 

Juste ça ce serait déjà quelque chose. S'il pouvait juste reconnaître qu'il y a une légitimité à choisir un métier qui ne correspond pas aux besoins d'une société dite actuelle (mais qui est en fait en constante mutation). Que ce n'est pas nécessairement irresponsable, irresponsable devant les générations futures, d'acquérir une formation qui ne répond pas aux exigences d'un marché mis en place par une autre génération.

Ce serait déjà énorme.

***

Ce sont des gosses de riches.  Du monde de Westmount.

L'accusation me paraît mal choisie.

Sans doute parce que c'est dans ma petite ville minière, dans un milieu prolétaire, que j'ai le plus souvent entendu dire que le gouvernement ne devrait pas investir dans les universités. J'ai même entendu dire que les universités devraient être fermées, sauf pour les secteurs techniques, les ingénieurs, les docteurs, ce dont on a besoin tsé. Quand les déboires financiers de l'UQAM ont été connus, certains ont cru bon de m'informer (de m'ouvrir les yeux) sur la situation. Ils m'ont alors affirmé que l'UQAM n'aurait jamais dû être crée de toute façon, que c'était la pire des universités, avec ces départements de «sciences» humaines et d'art qui fabriquent des inutiles à la chaîne. 

Je ne dis pas en train de suggérer que les carrés verts seraient tous des fils d'ouvrier. Ne-ne-non. Je dis juste que selon mon expérience.. 

C'est pas avec du monde de Westmount que j'ai entendu dire qu'on devrait tripler les frais de scolarité pour obliger les étudiants à choisir de vrais jobs: des jobs payantes, qui permettent de rembourser ses dettes d'études sans trop se serrer la ceinture. Heille! Penses-y, ça réglerait deux problèmes: moins d'impôts, moins de pousseux de crayons. 

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