[CE QUE JE GARDE D'UN AUTRE TEXTE LAISSÉ EN PLAN]
Mon père a été élevé à l'ancienne, par des parents âgés, nostalgiques d'une époque révolue. Ou plutôt d'une époque qui n'a jamais existé mais qui aurait été, sûr! sûr!, s'il n'y avait pas eu la crise. À mon tour, j'ai été élevée à l'ancienne, selon des valeurs familiales traditionnelles. En apparence non, mais en profondeur oui.
Pour ne pas faire vieux jeu, pour être de son temps, on fait semblant de croire aux idées nouvelles, aux idées à la mode, mais au fond on sait bien, tout le monde sait bien qu'une femme n'est pas vraiment complète tant qu'elle n'a pas accouché d'un fils, c'est la vie qui est faitte de même. Une femme peut faire la job d'un homme, si ça peut te faire plaisir ma grande, mais faut pas déconner, on parle sérieusement là.
Je me souviens avoir fait écarquiller les yeux de ma prof de math en lui affirmant qu'il était normal que je lave les vêtements de mon père et de mon frère aîné, parce que j'étais la plus âgée des filles.
De ce qui s'est transmis en douceur, un peu tous les jours, j'ai conservé une sérénité, celle qui m'habite lorsque je sers un homme. L'impression confortable d'être à ma place, tellement plus apaisante lorsque je sers un café à un ami qu'à une amie.
Pour ne pas faire vieux jeu, pour être de son temps, on fait semblant de croire aux idées nouvelles, aux idées à la mode, mais au fond on sait bien, tout le monde sait bien qu'une femme n'est pas vraiment complète tant qu'elle n'a pas accouché d'un fils, c'est la vie qui est faitte de même. Une femme peut faire la job d'un homme, si ça peut te faire plaisir ma grande, mais faut pas déconner, on parle sérieusement là.
Je me souviens avoir fait écarquiller les yeux de ma prof de math en lui affirmant qu'il était normal que je lave les vêtements de mon père et de mon frère aîné, parce que j'étais la plus âgée des filles.
De ce qui s'est transmis en douceur, un peu tous les jours, j'ai conservé une sérénité, celle qui m'habite lorsque je sers un homme. L'impression confortable d'être à ma place, tellement plus apaisante lorsque je sers un café à un ami qu'à une amie.
C'est encore mieux s'il ne me regarde pas pendant que je le fais, s'il lit son journal et qu'il tend la mains sans lever les yeux. Et je glisse la tasse dans sa paume ouverte, au bon moment. Le timing parfait, comme si on dansait. Je m'éloigne sur la pointe des pieds, petite fée.
Il reste quelque chose de ce qui pénètre l'oreille sans paupière. Cette envie, comme une démangeaison, de repasser les chemises de l'amoureux, surtout quand je m'en veux pour quelque chose. Le plaisir de faire des cols bien droits, avec de petites pointes dures.
la satisfaction programmée, le virus dormant
qu'on voudrait tuer d'une balle
comme une cylon terrifiée
la satisfaction programmée, le virus dormant
qu'on voudrait tuer d'une balle
comme une cylon terrifiée
essaie
et rate
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