Un ciel panoramique, un fleuve à perte de vue, chacun sa maison, ses arbres: ça donne des idées de grandeur.
Je fais les courses en voiture, aucun problème de stationnement, pas de trafic, pas de cône rayé orange et blanc. Je tourne à droite au feu rouge. La musique à fond et, quand je coupe: le silence.
En me rendant à l'épicerie, je me fais «attaquer» par mon parapluie qui s'ouvre à l'improviste pendant que je conduis, fou rire sous la pluie. Sur la plage, un chien en fugue est ivre de liberté. Son maître l'appelle en vain. Je saute de roche en roche pour me rendre à la baie cachée, un chat inconnu décide de m'accompagner et se glisse sous mes pieds, inconscient du danger de se faire écraser la patte si je manque de visou. Le voisin recule son gros-truck-neu dans le lampadaire (ne pas oublier d'enlever les éclats de verre avant de passer la tondeuse).
C'est tout.
C'est ce que je peux écrire sur ces trois jours. Les mots ne viennent pas, ou plutôt ce sont les pensées qui se sont arrêtées. Les textes restent en suspens dans un coin de ma tête, sur «pause». Après des mois de lucidité douloureuse, mon esprit prend un break.
J'écoute des extraits des films de mon père, Rambo, Mission impossible, Die Hard. Et des films pour enfants, Wall-e, Ice age. J'ai même écouté un Harry Potter, presque au complet.
Je suis censée écrire un courriel pour répondre à mon superviseur de Paris, qui m'a appris la semaine dernière sa décision d'annuler notre projet de publication collective. Je voudrais écrire quelques phrases polies, rien qui sonne amer. Les mots ne viennent pas. Mon postdoc se termine en queue de poisson, je n'aurai pas publié avec mon équipe de recherche et je n'aurai pas d'expérience de co-édition à mettre dans mn c.v., mais je dois néanmoins écrire à mes «collègues» parisiens pour les remercier de m'avoir accueillie au sein de l'équipe, trouver quelques mots chaleureux pour souligner la fin de notre collaboration. Près d'une semaine que je remets à demain la rédaction du courriel, ce qui n'est pas mon habitude.
Également sur la liste: rappeler Panasonic et me faire niaiser à nouveau 20 minutes au téléphone avant de recevoir d'autres instructions contradictoires. Ma première caméra numérique n'aura fonctionné que quelques mois et on dirait qu'ils font vraiment tout pour que la réclamation ne se rende pas. Je devrais laisser tomber mais c'est le seul cadeau de Noël que j'ai pu garder.
Bruce Willis est blond dans le 5e élément. Je ne savais pas que Stallone pleurait à la fin du premier Rambo.
J'ai peur de ressembler toute ma vie à l'écureuil de Ice age. Je n'arrive pas à rire quand il tombe dans le vide, emporté par son élan, à répétition.
Migration
Il y a 13 ans
Aucun commentaire:
Publier un commentaire