Dans l'éventualité où mon projet de suicide par volcan ne se soit pas réalisé et qu'il y ait des restes, j'aimerais être incinérée et que ma cendre soit répartie en autant de petits tas qu'il y aura de gens voulant de ma relique. Chacun pourra se présenter avec le contenant de son choix, choisir de conserver sa pincée à jamais ou de la disperser sur-le-champ dans un lieu qui lui fera penser à moi, ou à autre chose.
Si jamais on voulait me faire plaisir, on se présentera avec un contenant à épices et on m'ajoutera comme ingrédient secret à une fameuse recette de sauce à spag ou de gâteau choco-croquant, réalisant ainsi mon fantasme d'être mangée et prouvant que le cannibalisme par amour existe ailleurs que dans la tête d'un vieil autrichien amoureux de sa pipe.
Advenant le cas où personne ne serait prêt à se donner du mal pour répartir ma cendre, advenant le cas, aussi, où elle ne trouverait pas preneurs, plutôt que de prendre la poussière dans une grosse urne flashy, je préférerais de beaucoup la fausse commune :
les corps anonymes collés les uns sur les autres, séparés seulement par un drap ou une mince couche de poudre blanche, l'embrassement de la foule. Des fois qu'il resterait quelque chose capable de ressentir dans les os, placez-moi bien au milieu du tas.
les corps anonymes collés les uns sur les autres, séparés seulement par un drap ou une mince couche de poudre blanche, l'embrassement de la foule. Des fois qu'il resterait quelque chose capable de ressentir dans les os, placez-moi bien au milieu du tas.
J'ai trop dormi seule de mon vivant; qu'on me conserve, morte, dans la promiscuité. Si on m'a aimée un peu, ici, on ne me laissera pas seule dans mon trou.
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