Douze millions d'habitants (deux millions à l'intérieur des «murs»).
J'en connais moins d'une dizaine. Et là dessus...
Trois ou quatre qu'il m'arrive encore de voir en personne.
Ici la solitude n'est pas une impression, mais un état de fait.
Sans lambeau, sans fil qui traîne, elle s'y fait plus nette.
Plus normale aussi.
J'accepte d'être seule dans une ville où je n'ai jamais cherché à
prendre racine.
Ici, rien n'a été détruit.
Je ne m'y suis pas bâti une communauté, une famille.
À peine un réseau professionnel, et encore...
Ici, je n'ai pas perdu d'emploi, pas échoué d'examen, pas fait d'accident à cause des travaux routiers, on ne m'y a même pas volé une bicyclette.
Il n'y a pas d'usure.
Personne n'est jamais mort dans cette ville.
Je veux dire... personne que j'ai connu, aimé
(ailleurs que sur wikipédia)
C'est une ville qui ne m'a rien pris.
C'est une ville qui ne me doit rien.
L'éternelle première rencontre.
Migration
Il y a 13 ans
Mais tu y as ouvert ta valise...
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