lundi 8 décembre 2014

Quand on travaille, on ne se regarde pas faire. C'est quand le travail vient à manquer qu'on doit repasser devant le miroir, qu'on se met à jour le c.v., qu'on se pedigrise. 

En prévision des entrevues à venir, je m'efforce de parler un peu de mes recherches dans les partys de Noël. Je ne sais pas si c'est que trop d'années ont passé depuis la thèse ou si c'est que mon travail de chercheur est tellement éloigné de ce que j'ai fait concrètement depuis deux ans (corriger des copies de cégep), mais lorsque je m'entends parler de mes accomplissements et de mes ambitions, j'ai l'impression d'écouter le discours d'un mythomane. 

Pourtant je sais bien que je ne mens pas, je suis même la seule à savoir pour sûr qu'il s'agit de la vérité, la seule qui était présente, témoin, mais n'empêche... je trouve que ça sonne faux. Comme si ce n'était pas possible qu'il s'agisse de la même personne. 

J'étais couchée lorsque je me suis aperçue dans l'armoire à glace; je me suis regardée. Le visage que je voyais souriait d'une façon à la fois engageant et timide. [...] Je ne me suis pas reconnue.

Là, dans ma chambre, c'est moi. On croirait qu'elle ne sait plus que c'est d'elle qu'il s'agit. 
(Duras, La vie tranquille)

***

(Sur la répétition)
Il n'y a aucune différence perceptible entre quelqu'un qui se vante sans arrêt et quelqu'un qui tente de se convaincre que tout cela a eu lieu.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire