dimanche 2 février 2014

Achar-née


Dans le seul livre de Simon auquel j'ai contribué, qui est aussi le seul à n'avoir jamais été accepté par un éditeur, la dédicace disait que je nage à contre-courant «comme si c'était la solution».

Il a souvent été dit également que, dans des sables mouvants, je mourrais très vite en me débattant de toutes mes forces.

Un professeur de théâtre m'avait prévenue que ma plus grande faiblesse de caractère était mon côté volontaire.

Je revois ma mère bouddhiste devant un lever de soleil, comblée de ne rien désirer. Elle attendait, sereine, que la mort la transforme en oiseau.

Je repense à tout ça depuis que j'ai reçu l'appel et je me demande si ça ferait moins mal si cette fois je n'avais pas essayé, si j'avais juste laissé filer le sable entre mes doigts.

Je me demande si le vide que je ressens entre mes côtes est le signe que je vais bientôt abandonner, renoncer à ce que j'ai cherché à accomplir depuis vingt ans, si je vais bientôt être libre de mes rêves, bientôt me reposer, l'oeil béat, comblée de ne plus rien désirer d'autre que de voir un astre poursuivre sa course alors que je respire sous sa décharge


2 commentaires:

  1. Je ne sais pas quel est l'appel reçu -et je connais bien peu de choses sur l'auteure de ce blogue-, mais j'aime les mots que je découvre ici. L'ambivalence, la mère-oiseau, l'acharnement, tout cela m'apparaît intriguant et familier à la fois.

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    1. Je ne vous connais pas non plus, Gabrielle, mais un coup d'oeil à votre blogue (le livre de Duras qui m'a le plus marquée, des photos de glace sur le fleuve) m'a laissé une impression similaire : intriguant car familier.

      http://peyrac-andrea.blogspot.ca/2013/10/la-vie-tranquille-reprise.html

      http://peyrac-andrea.blogspot.ca/2010/01/lartiste-et-la-coincidence-apaisante.html

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