des années maintenant que je suis en ville, des années que je garde l'impression que les gens de la ville ne comprennent pas ce que ça signifie quand je dis que ça a été rough en région, qu'ils ne comprennent pas ce que ça implique quand je dis qu'on était une famille d'étrangers parce qu'on était pas nés sua côte et que mes parents n'avaient pas le bon accent, et que c'était dur tous les jours, les coups, les insultes, les crachats, c'était tous les jours, de la maison à l'école, de l'école à la maison, dans le petit bois, près de la rivière, à l'aréna, une haine vive et tenace qui ne se remettait jamais en question, j'ai dit à mes amis de la ville que souvent, enfant, j'avais peur de mourir si je jouais dans la rue à l'extérieur de la cour, j'avais peur qu'un jour ils aient trop de plaisir et qu'ils oublient de s'arrêter et qu'ils nous tuent dans l'enthousiasme, et les amis de la ville pensent que je me fais un cinéma parce que pas au Québec
pour ça je dis merci au gars qui s'est donné un nom de cinéma, car maintenant on commence à me croire, un peu
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