Dans les toilettes de Xavier, il y avait un exemplaire de L'installation du feu. J'avais fait une recherche sur le web et trouvé que l'auteure allait lire ses poèmes quelques jours plus tard, lors d'une soirée appelée Cabaret de la pègre. Ça tombait bien.
Le 16 février était à la fois l'anniversaire de mon premier jour et de mon dernier jour en amoureuse. Je craignais de ne pouvoir échapper complètement au sens ajouté (à une signification attribuée au chiffre arbitraire) si je restais seule à la maison.
Une soirée organisée par des gens que je ne connaissais pas, dans un lieu que je ne connaissais pas, où des poètes tous inconnus de moi (sauf une) allaient lire leurs derniers textes : c'était parfait.
Ce n'était pas mon histoire.
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Le hasard.
J'ai recroisé Hector, un ancien camarade du bac, qui m'a présenté à un de ses collèges. Ils m'ont parlé avec enthousiasme de l'enseignement au collégial et de comment les choses se passaient dans leur département. Si je les avais pas rencontrés, ce soir-là, je n'aurais jamais envoyé mon c.v. à ce cégep que j'avais jugé inaccessible, trop loin au nord.
La surprise.
J'ai reconnu Jean-Philippe, un ancien camarade de l'école primaire, que je n'avais pas revu depuis 25 ans. Il m'a présenté les deux filles qui riaient très fort, assises sur des machines à bonbons, et qui avaient échangé les lettres finales de leurs prénoms.
La magie.
J'ai rencontré Pat-Guy, que j'ai aimé tout de suite, dans une première impression déterminante. J'ai entamé avec lui une des conversations les plus drôles et les plus brillantes de mon existence, et qui ne s'est jamais vraiment interrompue en deux ans.
Je dois mon travail et mon meilleur ami à cette décision de ne pas être restée chez moi un 16 février.
Ou plus exactement, je dois le bien-être de ma vie actuelle à mon envie de faire pipi chez Xav et à son choix de lectures de bol.
Ou plus exactement, je dois le bien-être de ma vie actuelle à mon envie de faire pipi chez Xav et à son choix de lectures de bol.
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