vendredi 28 février 2014

Au début du bac, je disais souvent que je ne comprenais pas grand-chose à la poésie que faisait «notre génération» et que je n'étais pas sûre de l'aimer. Parfois j'ajoutais: «sauf celle de Benoit Jutras». 

Je n'ai jamais oublié ce nom, associé à la première fois que j'ai aimé de la poésie écrite par quelqu'un de vivant, et vivant dans mon pays (quelqu'un qui se rencontre).  

«Faute d’aura, je me suis donné la peau symphonique, les rouges et les mauves des pourchassés, les aiguilles pour avouer. Le désert je l’ai distillé dans mes glandes. Mais j’étais un théorème animal, incapable de nommer le bruit blanc qui m’aimait. J’ai vidé le sérail et la paix, j’ai déchiré mon corps comme une lettre. Dans mon visage, il y avait des roses et des croyances, il y avait la nuit des autres.»

Benoit Jutras
http://poemesale.com/2014/02/28/poesie-benoit-jutras-7/

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