Personne ne m'attend. Personne n'attend mes textes. Ce n'est pas comme si je travaillais à un vaccin contre la gastro ou un spray absorbant l'odeur de transpiration dans la métro. Personne n'attend impatiemment que je termine mes articles pour pouvoir enfin profiter de ce que j'ai à offrir. Si je manque à certains, ils ne le savent pas encore.
Il n'y a pas de demande. J'offre avant toute demande. Ça a toujours été ça, pour l'écriture comme pour le reste. Il y a des jours où je m'en fiche, où c'est très bien comme ça. Et d'autres, où ça ne va pas, où je ne peux pas rester seule avec ce qui me passionne, je dois trouver un «répondant», un encouragement extérieur, quelque chose de l'autre venant donner une valeur à mon travail.
Aujourd'hui, c'était un jour comme ça, un jour où ça prend de l'autre. Je suis tombée là-dessus :
Je proposerais d'étendre le terme [intellectuel] à l'individu dont la culture va au-delà de son métier quotidien, dont la culture est vivante, dans la mesure où elle s'efforce de se renouveler, de s'accroître et de se tenir à jour, et qui n'éprouve ni indifférence ni ennui devant aucune branche du savoir, même si, à l'évidence, il ne peut les cultiver toutes.
Primo Levi, Les naufragés et les rescapés
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