Ma plante n'a pas supporté tous les déménagements qui lui ont été imposés. Elle a perdu ses fleurs, puis toutes ses feuilles et les longues tiges ont séché. Ternes. Cassantes.
Les fleurs tombées se brisent en poudre sous mes doigts.
C'était ma plante préférée. Pour la générosité de son feuillage, pour l'anarchie du tracé, pour la douceur de ces mètres de plumes vertes qui effleuraient mon visage, pour cette multitude de petits choux jaunes qui m'accueillait chaque jour, comme si tous les jours c'était ma fête.
Qui pourrait croire à la voir aujourd'hui que quelques mois plus tôt elle dressait fièrement ses petits soleils dans le soleil du matin. On a du mal à l'imaginer bien fournie quand que c'est à peine si elle supporte sa propre tige. On peine à imaginer.
Alors que je ramassais ces morceaux, j'ai dit à voix haute que c'était la plus belle plante que j'aie jamais pu conserver. Quelqu'un près de moi a exprimé sa surprise: Quoi! tu la trouves jolie celle-là? C'est presque lui rendre service que de la mettre à la poubelle.
L'image actuelle a effacé jusqu'au souvenir de ce que la plante a été: on ne va pas pleurer pour un truc rabougri qui n'a même pas de fleurs.
"la personne à côté de toi qui a dit ça"
RépondreEffacerest bien désolée ...
elle apprend à se taire...
Ah c'est drôle parce que la personne qui a dit ça n'a pas l'adresse de mon blog alors... ça m'étonnerait.
RépondreEffacerdans ce cas, on sera deux à avoir dit ça
RépondreEffacerComme quoi le pauvre végétal n'a jamais eu bonne presse !
RépondreEffacerSurtout ne regrette rien: j'ai repris la phrase parce qu'elle me permettait de faire écho à ce dont je parle dans les autres textes, et non parce qu'elle m'avait blessée ou choquée.
Ce genre de commentaire me fait plutôt sourire...