samedi 20 août 2011

800

un chiffre qui ne correspond à rien
qui ne fait rien résonner de notre histoire

pourquoi pas 700
pourquoi pas 900

ce n'est pas le quart de ce qui m'est dû
mais lorsqu'on n'attend plus...

c'est toujours mieux qu'une tape s'a yeule dirait fred
pourtant j'ai hésité longtemps à encaisser le chèque
habitée par des sentiments contraires

800 insuffisant
et énorme pourtant
quand il s'agit de prendre à celui qui porte* le visage de l'adoré

trop peu et trop à la fois
même si ce sont mes sous
j'éclatai en larmes à l'idée d'en priver celui que j'aimais gâter
et voir prospérer
celui avec qui je célébrais le moindre avancement
la moindre augmentation de salaire

inconsolable
à l'idée de l'opération qui allait s'effectuer dans son compte
le retrait
la dureté du mot
retirer, se retirer, s'arracher, s'enlever de là

j'ai mis près d'un mois à déposer le chèque

un mois à fuir un bout de papier
comme je fuis toutes les traces tangibles de l'événement
les photos, certains vêtements
les documents avec les adresses des endroits où j'ai habités
les boîtes, le tape
des objets

qui disent que
ça m'est vraiment arrivé

j'évite encore la rue de l'entrepôt
il faudra bien y retourner un jour
octobre
et constater ce qui reste
ce qui n'a pas cassé

je pense parfois à ces gens qui refusent de témoigner
qui renoncent à aller chercher réparation en cour
pour ne pas avoir à revivre
pour ne pas que ce soit pour de vrai
pour que ça reste de l'ordre du cauchemar


*référence geek:
ce que devient Illyria pour Wesley

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