Nous ne parlons plus de la thèse. S'il faut vraiment en passer par là, nous employons le nom de code, Greta. Mais ce n'est plus suffisant. De Greta aussi nous nous sommes vite lassés. Enfin lui surtout, ou eux, si on veut vraiment donner dans la paranoïa.Je ne parle plus de la thèse, des retards, des problèmes, des mauvaises surprises. Se plaindre consomme de l'énergie. Il faut économiser l'énergie. Il faut surtout économiser les gens.
Ils ont hâte que cela finisse, ils n'en peuvent plus d'attendre. Ils désirent la fin pour moi, pour que la santé revienne, que l'argent revienne, mais aussi pour eux, pour ne plus avoir à en entendre parler. Ce n'est pas un manque d'amour, non. Je me souviens de cette amie que j'aimais et qui n'en finissait plus de rompre avec un homme. Toutes les semaines pendant des mois, la même rengaine, la même plainte, presque les mêmes mots. J'aimais mais je m'emmerdais au possible.
Smile, and the world...
J'économise mes proches, mes lecteurs, alors je ne ferai pas la liste des derniers bobos de Greta, des changements de pronostic. Je n'étirerai pas sur la page le bloc compact de la peur, je n'ouvrirai pas pour le détailler mon ventre de déception. Je ne veux pas être associée à ce qui me travaille, je ne suis pas Greta, je ne suis pas le problème.
Je dirai seulement que c'est à cause d'elle que je n'ai pas écrit depuis un mois, que je n'ai pas terminé aucune des ébauches de messages, ces nouveaux messages qui risquent d'arriver tous à la queue-leu-leu au cours des prochaines heures (au détriment du caractère ponctuel, quotidien du blog), ces messages que je vais écrire parce que vraiment aujourd'hui Greta je t'emmerde.
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Tiens, un message terminé après celui-ci apparaît comme ayant été écrit des semaines plus tôt. (Une justice relative). C'est vraiment le tout premier enregistrement qui compte alors.
Économiser les gens. Joli.
RépondreEffacerDu courage Mâ.