On me reproche souvent ma tendance à répondre «non» à une question pour ensuite seulement nuancer. Le fameux «non, mais...». Il est vrai que ce tic alourdit mon discours.
Je me console un peu en constatant que Sarraute partage un peu ce trait. Elle a tendance aussi à réagir vivement lorsqu'elle est heurtée par un mot qu'on voudrait lui associer.
Cela me fascine, ces écrivains qui résistent autant à la nomination.
Cela me fascine, ces écrivains qui résistent autant à la nomination.
Quand Benmussa lui demande si elle se sent mère, si intérieurement elle se sent la mère de ses filles, elle répond :
- Non, je ne sens rien du tout.
Et seulement après, elle nuance.
Je suis en face d'un être humain qui m'est très proche, auquel je tiens énormément, plus qu'à moi-même, je ne peux même pas dire pourquoi, qui, à certains moments, s'éloigne, m'est étranger, à d'autres moments se rapproche [...] mes filles sont comme ma vie même. Tu ne peux pas parler d'amour, ces mots-là n'entrent pas là-dedans, ça ne se met pas sous ces mots. Je ne sais pas ce que c'est... C'est une partie de moi-même.
J'aime qu'elle dise «je ne peux dire qui... » en parlant de ses propres enfants.
J'aime qu'elle dise «je ne peux dire qui... » en parlant de ses propres enfants.
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