J'ai frappé un mur au secondaire avec le cours de physique, je ne comprenais pas les schémas sur la lumière. Cela me donnait mal à la tête d'essayer de suivre les lignes des faisceaux lumineux sur la feuille. Plus tard, j'ai dû recommencer mes cours de conduite car je n'arrivais pas à me servir des miroirs. (Mon cerveau perçoit l'information mais ne comprend pas ce qu'il est censé en faire, comment l'utiliser pour déplacer le véhicule, je conduis du cou.) J'ai du mal à me coiffer en me servant de deux miroirs, ça me donne mal au coeur quand j'essaie trop longtemps. J'ai aussi de la difficulté à frapper une balle avec une raquette, à lancer une boulette dans la poubelle, et je suis nulle au billard. Il y a un truc qui cloche entre mes yeux et mon cerveau. Je le sais, depuis longtemps. Et me voilà pourtant, après toutes ces années, à essayer encore de comprendre les schémas de Lacan, le stade du miroir, le schéma en L, le schéma R, le noeud, le tore, des heures à fixer ces dessins, à relire les légendes, sans résultat, sans tilt, sans ah! Arrrgg! vous dire combien ça m'enrage d'être bloquée depuis 10 ans par des flèches et des signes, de hocher la tête poliment devant ceux qui me pointent les gugusses en disant et là tu vois? tu vois? d'avoir des étudiants qui comprennent mieux que moi, qui essaient de m'expliquer, et moi qui ne voit rien, rien, l'image ne s'ouvre pas, l'image reste une image, sans profondeur.
Fin de la pause, je m'y remets.
(3 jours de séminaire sur «Le désir et son interprétation»)
(Un ami vient de me rappeler ce que j'avais dit au secondaire, à l'époque du cours sur la diffraction de la lumière : «je n'ai aucune envie de comprendre comment se produit un arc-en-ciel, je veux continuer de trouver ça beau».)
(3 jours de séminaire sur «Le désir et son interprétation»)
(Un ami vient de me rappeler ce que j'avais dit au secondaire, à l'époque du cours sur la diffraction de la lumière : «je n'ai aucune envie de comprendre comment se produit un arc-en-ciel, je veux continuer de trouver ça beau».)
Aucun commentaire:
Publier un commentaire