mardi 4 janvier 2011

J'ai toujours aimé les livres jaunes.

Nuit.

Je n'arrive pas à dormir. J'ouvre le livre jaune.
Marie Uguay. Poèmes.

Bercée revêtue par la blancheur infernale du jour
je sens autour de moi l'inodore crispation de l'air

Notre respiration sous un couteau d'éther
Artificielle et vibrante forêt de la ville

[...]


Je suis immobile

mon corps tendu sous le crépitement des foules
Houle toujours recommencée

Dans les vestiges du feu
j'imagine les griffes alarmées des boulevards
et les mains jointes des ruelles
cette brise contondante entre les cisailles d'azur

[...]


Que de rues dissoutes par mon désir


[...]


Je vous regarde

je n'ose rien
pour cette vision qui s'en va et me défait
ni pour ces masques diurnes
lourds comme des armures

[...]


je suis démantelée

sans plus d'appréhension et de mémoire
que cette lumière qui s'ombre

[...]


je suis là déchaînée mais inerte

Il n'y a plus que cette brisure ensoleillée
cette blanche impulsion où la vie se déploie
cet instinct de la lumière

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