vendredi 21 mai 2010

Vive la France.

Inutile de jouer à l'autruche plus longtemps, je dois me rendre à l'évidence : j'ai une infection urinaire. Si je retarde depuis des semaines le moment de faire face à cette réalité, c'est, d'une part, parce que je déteste prendre des médicaments, d'autre part, parce que je déteste les cliniques sans rendez-vous.

Vous savez ? Se lever à 6h du matin pour aller faire la file sous la pluie ? Attendre au minimum trois heures dans une salle d'attente bondée de gens qui toussent, où les plaintes des enfants et des impatients n'enterrent pas le son de la télé qui impose son soap ou Claire Lamarche ? Parvenir finalement devant un médecin excédé qui vous expédie en 7 minutes montre en main ? Détester, le mot est faible: j'haGUis les cliniques sans rendez-vous.

12h15, je parle à Francine sur Skype. Elle me conseille de m'adresser à la pharmacienne (la pharmacie est à 1 min de chez-moi) pour trouver les adresses des cliniques du quartier. Je quitte mon studio vers 12h30.

La pharmacienne, toujours aimable, toujours efficace, me dit qu'il y a un « médecin de ville » à seulement quelques coins de rue. Elle me donne le numéro de téléphone. J'appelle pour savoir à quelle heure ils ouvrent le portes, i.e. à quele heure je devrais me lever demain matin pour aller faire la file: ça sonne mais pas de réponse. Je décide de me rendre sur place. En chemin, mon cellulaire sonne, c'est le médecin qui me rappelle en personne: « vous avez essayé de me joindre ? » Je lui demande comment procéder pour prendre rendez-vous avec lui. Il me dit: « venez maintenant ».

C'est vraiment juste à côté. Je n'aurais pas deviné qu'il y avait là une clinique, rien n'indique la présence d'un médecin sinon une petite plaque dorée sur le mur. Dans la salle d'attente, il n'y a qu'une personne. Deux autres personnes arrivent. En tout, nous serons quatre à attendre confortablement: pas de tv, pas de radio et les gens chuchotent (!). C'est propre. C'est calme.

Au bout d'une vingtaine de minutes, c'est mon tour. Le médecin est chaleureux, sympathique. Il prend le temps: il vérifie ma pression, mon coeur, mes poumons, il s'assure que les reins ne sont pas douloureux. Il m'envoie faire un prélèvement d'urine dans un laboratoire d'analyse situé à deux rues de là. Je me présente là-bas: aucune file, aucune attente. Je n'ai pas d'adresse postale ? Pas grave, on m'appellera. Je vais ensuite à la pharmacie: aucune file, aucune attente.

Je rentre chez-moi et je prend les premières pilules.
Je regarde l'heure: 14h12.

En moins de deux heures: j'ai parlé à une pharmacienne (deux fois), j'ai vu un médecin, j'ai vu une infirmière pour le test d'urine, on m'a donné mes médicaments.

30 euros pour le médecin. 22 euros pour le test. 15 euros pour les médicaments. 67 euros = 88 dollars actuellement, disons 100 $ quand le taux de change est moins bon. 100$ pour recevoir un traitement médical approprié en moins de deux heures.

Vive la France.

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