jeudi 2 mai 2019

Le faon dans l'aurore, la vessie des baleines


J'appréhende le rendez-vous de tantôt : la reprise du débat sur l'induction. Je sens que je vais manquer de zénitude s'il est à nouveau question de mes vieux vaisseaux, du fameux placenta gériatrique, disent les stats. 

Ce serait tellement plus simple si j'étais tombée enceinte dans la vingtaine. Je me dis ça souvent. On m'aurait laissée tranquille, dans la vingtaine, j'aurais eu la paix. 

Je zoome sur mon visage dans cette photo d'une photo prise par une amie, il y a vingt ans. 







































À l'oeil, aucune paix, à horizon.

L'avenir était bouché. 

Un prof de théâtre m'appelait Mariahurie parce qu'il y avait toujours une question dans mon regard : For real? C'est pour de vrai? Est-ce que je peux m'en aller maintenant? Can I wake up now? 

La vingtaine et ses morts, ses crimes, son désarroi, j'étais en permanence dépassée par la dernière nouveauté, la surenchère des événements, plus épuisée entre les chocs que pendant, je me disais qu'à ce rythme je serais morte avant 40. C'était pas faux. 

Ça aurait vraiment été terrible, même avec des vaisseaux tout neufs, ça n'aurait pas pu être son temps à elle, pour elle. Maintenant, c'est mieux, maintenant, c'est bien.


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