samedi 7 décembre 2013

J'ai la teigne. Ça pique, ça brûle, ça fait mal. Mais jusqu'à présent, je n'ai pas perdu les cheveux qui me restent. Très étrangement, c'est presque un regret. Comme si j'avais parfois un peu l'envie d'une position plus franche. 

Parfois, ne pas être tout à fait laide m'épuise.

Je songe à cette époque où les plaques de psoriasis et l'acné couvraient ma peau, à la liberté que cela me donnait, quand il n'y avait rien à faire pour cacher ou améliorer, quand nécessairement ce qui était attendu de l'autre était autre chose que le désir, quand je ne me cherchais jamais dans les miroirs et me trouvais partout ailleurs, je me souviens de la laideur comme d'une armure.

Je suis dans l'entre-deux, entre deux âges, sur la brèche.

J'aimerais pouvoir renoncer complètement et passer au prochain chapitre de ma vie. Arrêter les simagrées. Sereinement, en finir avec le regard de l'autre.

Mais je m'en sens incapable, tant qu'il reste quelque chose à montrer.

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