Julie sait des choses.
Des choses que je sais sans pouvoir les expliquer. Quand je m'adresse à elle dans mes textes, je m'adresse à ce savoir que j'ai tant de mal à saisir dans un discours.
Déjeuner spécial. Nutella. 2-3 fois par année max, sinon on ne s'en sort pas. Pilules. Rétention d'eau. Julie lèche le couteau des deux côtés, regarde la neige qui tombe, demande. Tu penses tu qui t'as aimée pour de vrai.
De dos, les mains dans l'eau de vaisselle. Chaude. Oui.
Ah. Ben alors, c'est comme madame Georges.
Oui, c'est comme ça. C'est exactement ça.
Aussi vrai que madame Georges a existé, j'ai été aimée.
C'était pendant une série de chimio. La troisième peut-être. On n'arrivait pas avec le quotidien. L'été grand-maman venait faire les repas, le repassage. À l'hiver, des amies de ma mère déposaient des plats dans l'entrée. Mon père venait entre deux clients passer la souffleuse, laisser des sous pour l'épicerie. Mais on n'arrivait à peine quand même. On faisait juste le minimum pour tenir jusqu'à demain. J'écris on pour ne pas dire je.
La première fois que je l'ai vue, elle était juchée sur un escabeau en train de laver le dessus des armoires de la cuisine. Je suis restée figée devant l'apparition. Le luxe de l'action.
Elle avait parlé la première.
Madame Georges s'adressait à moi comme à tout le monde avec une familiarité joyeuse, juxtaposant les questions sans attendre une réponse: coudonc, fille, ça fait combien d'années que tes parents sont malades? ça fait longtemps que personne a passé dans les coins, hein?
Sa voix traversait les murs, moins chantante que celle de ma mère mais de force égale. Et lorsqu'elle descendait l'escalier, la vitesse des coups assumés me rappelait vaguement quelque chose, la vibration sourde du temps d'avant...
Depuis que la maladie avait envahi la maison, celle de mon père avec fracas, celle de ma mère, discrète, masquée, nous vivions sur la pointe des pieds. L'arrivée de madame Georges eut l'effet d'une sirène nous tirant de notre léthargie.
Avec la grâce du bulldozer, elle allait partout dans la maison, ouvrait les portes, les armoires et les tiroirs. Elle entrait dans nos chambres et retournait les fonds de garde-robe comme on sarcle la terre. Elle trouvait toutes nos cachettes secrètes, sous le lit, derrière la bibliothèque. Rien ne lui échappait.
En mettant le pied dans l'entrée, on savait qu'elle était là, à la voix, sinon, à l'odeur d'eau de javel, comme un mur. Parfois elle faisait la cuisine, mal, mais on avalait, parce que nous avions faim et parce qu'on n'aurait jamais osé...
Elle avait le don de nous surprendre avec une question personnelle, alors qu'on... que j'avais la tête dans mes devoirs. On n'avait pas le temps de penser à ne pas répondre. Plus personne n'avait le temps de nous poser ces questions-là, de nous taquiner avec les petits gars de l'école, de nous dire que telle coupe de cheveux nous allait bien, que j'étais jolie. Bien vite, elle nous connut de l'intérieur davantage que nous ne l'aurions souhaité.
Ma mère mourut, ma grand-mère vieillit, je quittai pour la ville, ne revenais que 4 mois par année. Le ménage n'allait pas se faire tout seul.
Madame Georges venait de plus en plus souvent, découvrant toujours une nouvelle tâche à accomplir, un coin de plafond à frotter. Elle disait vous savez j'ai encore refusé du travail cette semaine pour pouvoir bien m'occuper de vous autres. Elle disait qu'on était ses préférés et qu'elle nous aimait. Un peu comme si vous étiez mes propres enfants.
Je ne saurais dire quand j'ai commencé à réaliser ce qui se passait. Très tôt j'ai remarqué des petits trucs, mais c'est une chose de noter des faits, c'en est une autre de les lier entre eux jusqu'à produire un sens.
La maison était moins encombrée, presque aérée. Même le sous-sol était en ordre. Doucement, imperceptiblement, une semaine après l'autre, la maison se vidait.
Expliquer. Comment? L'injustifiable. Ne pas avoir trouvé de solution.
Qui dirait que nous avons été volé. Personne ne nous a mis de gun sur la tempe. Je ne trouve pas d'expression en français pour talk someone into doing something. Harcèlement, peut-être.
Elle nous prenait séparément. Chacun pensait avoir été le seul à céder, chacun cachait son secret honteux.
Ce qui marchait le plus souvent avec moi, c'était le discours sur la bonté, les joies du partage, la générosité. Je ne devais me pas montrer radine, vaniteuse ou matérialiste. Il fallait avoir de vraies valeurs.
Elle me disait que je n'avais pas besoin de dix paires de bas, que j'étais une enfant gâtée, que c'était pour les pauvres. Et lorsque finalement je cédais, juste au moment de quitter la pièce avec l'objet, elle faisait comme si elle venait juste de penser à une autre possibilité: tiens, je pourrais peut-être les garder pour moi ? J'avais justement besoin de bas. Ça tombe bien, tu ne trouves pas?
Elle aurait pu nous laisser croire jusqu'au bout qu'elle apportait tout ce qu'elle prenait au bazar de l'église. Mais non, elle devait nous informer que finalement c'était elle qui allait porter nos vêtements, que c'était sa maison qui allait être décorée de nos objets. Elle devait nous le dire, nous le pointer. Tu vois? tu vois?
Voir quoi?
Il y avait des pauvres gens dans la ville. Madame Georges n'en faisait pas partie. Elle était grassement payée, obtenant constamment de mon père des augmentations sous prétexte qu'on la demandait ailleurs. Mais il lui fallait quelque chose de plus que l'argent, quelque chose de personnel, parfois sans valeur matérielle, qu'on aurait voulu gardé pour soi, ou pour un proche; il fallait que ça nous coûte.
Il y eut bien sûr plusieurs refus, des moments de révolte. Mais madame Georges avait un excellent sens du timing et nous faisait des offres que nous ne pouvions refuser. S'occuper du repas à ma place quand je souhaitais sortir voir Chris, reconduire grand-maman à la messe quand c'était glacé dehors, ou mieux, l'aider à entrer dans la baignoire (grand-maman détestait que ses petits-enfants la voient en sous-vêtements). Ou encore, elle nous surprenait en train de faire quelque chose que notre père n'aurait pas approuvé. Ce sera notre petit secret. Elle connaissait toutes nos failles.
Si le ton montait trop, elle trouvait un prétexte au cours de la journée pour nous rappeler qu'elle avait toujours défendu notre père contre les mauvaises langues, contre les commères du centre d'achats qui disaient qu'il ne s'était pas bien occupé de sa femme malade et de ses enfants, qu'elle prenait grand soin de sa réputation, et, donc, de sa clientèle, que les ragots courent si vite dans une petite ville et qu'une réputation peut se faire mais aussi se défaire...
Lorsqu'on lui annonça la mort de grand-maman, l'incroyable madame Georges ne put retenir ses larmes. Elle pleura la mort de cette femme avec qui elle avait tant partagé, évoqua des souvenirs touchants et, sans arrêter de pleurer, nous mentionna que grand-maman lui avait promis son manteau de fourrure.
Je pense que c'est là que ça nous a frappées, Julie et moi, la double sincérité. Elle avait vraiment beaucoup de peine. Et elle voulait vraiment, sincèrement, qu'on lui donne à elle le bien le plus précieux de notre grand-mère. C'était la même personne. La même qui aimait et qui prenait. La même qui pleurait et qui voulait... quoi? une preuve d'amour qui tient dans la main?
Cela prit bien du temps, trop de temps avant que Julie puisse me rejoindre à Montréal. Madame Georges habitait près de son école et offrit de la recevoir pour le repas du midi. Parfois, lorsque Julie mangeait, madame Georges mettait sa main sur sa tête et caressait ses cheveux. Comme le faisait maman. Pendant quelques secondes, pour ma soeur, la vie redevenait «normale».
Avant qu'elle reparte pour l'école, madame Georges lui montrait sur le comptoir le système de son qu'elle avait reçu en cadeau de nos parents et que madame Georges avait fait réparer «pour elle»: il est pas mieux là, hein ma belle? comme ça on peut l'écouter quand tu viens... c'est pas mieux comme ça?
Julie se souvient aujourd'hui de la chaleur d'une main sur sa tête. Elle dit qu'elle a été aimée, quand même.
Il arrive que Julie et moi repensions à certains objets «disparus». Tu te souviens du train électrique? Oui. Et de la poupée en porcelaine? Oui. Elle était belle avec son chapeau, Oui, c'était joli.
Je ne sais pas pourquoi ça nous fait du bien de vérifier que l'autre se souvient de telle bébelle que personne n'a revue depuis quinze ans. Peut-être que comme ça... on est sûr de ne pas avoir rêvé.
J'ai pas rêvé.
J'ai été aimée pour vrai. J'ai été volé pour vrai aussi. Même si je ne comprends pas, même si je ne comprendrai jamais comment c'est possible, comment ça peut coexister. Je sais que cela est arrivé.
C'est un savoir qui se passe de toute compréhension.
Aussi vrai que madame Georges a existé, personne ne m'a mis de gun sur la tempe.
Des choses que je sais sans pouvoir les expliquer. Quand je m'adresse à elle dans mes textes, je m'adresse à ce savoir que j'ai tant de mal à saisir dans un discours.
Déjeuner spécial. Nutella. 2-3 fois par année max, sinon on ne s'en sort pas. Pilules. Rétention d'eau. Julie lèche le couteau des deux côtés, regarde la neige qui tombe, demande. Tu penses tu qui t'as aimée pour de vrai.
De dos, les mains dans l'eau de vaisselle. Chaude. Oui.
Ah. Ben alors, c'est comme madame Georges.
Oui, c'est comme ça. C'est exactement ça.
Aussi vrai que madame Georges a existé, j'ai été aimée.
***
Expliquer la situation. Comment. Ne pas tout dire mais dire assez. Pour justifier l'injustifiable. Ne pas avoir su trouver une autre solution.
C'était pendant une série de chimio. La troisième peut-être. On n'arrivait pas avec le quotidien. L'été grand-maman venait faire les repas, le repassage. À l'hiver, des amies de ma mère déposaient des plats dans l'entrée. Mon père venait entre deux clients passer la souffleuse, laisser des sous pour l'épicerie. Mais on n'arrivait à peine quand même. On faisait juste le minimum pour tenir jusqu'à demain. J'écris on pour ne pas dire je.
La première fois que je l'ai vue, elle était juchée sur un escabeau en train de laver le dessus des armoires de la cuisine. Je suis restée figée devant l'apparition. Le luxe de l'action.
Elle avait parlé la première.
Madame Georges s'adressait à moi comme à tout le monde avec une familiarité joyeuse, juxtaposant les questions sans attendre une réponse: coudonc, fille, ça fait combien d'années que tes parents sont malades? ça fait longtemps que personne a passé dans les coins, hein?
Sa voix traversait les murs, moins chantante que celle de ma mère mais de force égale. Et lorsqu'elle descendait l'escalier, la vitesse des coups assumés me rappelait vaguement quelque chose, la vibration sourde du temps d'avant...
Depuis que la maladie avait envahi la maison, celle de mon père avec fracas, celle de ma mère, discrète, masquée, nous vivions sur la pointe des pieds. L'arrivée de madame Georges eut l'effet d'une sirène nous tirant de notre léthargie.
Avec la grâce du bulldozer, elle allait partout dans la maison, ouvrait les portes, les armoires et les tiroirs. Elle entrait dans nos chambres et retournait les fonds de garde-robe comme on sarcle la terre. Elle trouvait toutes nos cachettes secrètes, sous le lit, derrière la bibliothèque. Rien ne lui échappait.
En mettant le pied dans l'entrée, on savait qu'elle était là, à la voix, sinon, à l'odeur d'eau de javel, comme un mur. Parfois elle faisait la cuisine, mal, mais on avalait, parce que nous avions faim et parce qu'on n'aurait jamais osé...
Elle avait le don de nous surprendre avec une question personnelle, alors qu'on... que j'avais la tête dans mes devoirs. On n'avait pas le temps de penser à ne pas répondre. Plus personne n'avait le temps de nous poser ces questions-là, de nous taquiner avec les petits gars de l'école, de nous dire que telle coupe de cheveux nous allait bien, que j'étais jolie. Bien vite, elle nous connut de l'intérieur davantage que nous ne l'aurions souhaité.
Ma mère mourut, ma grand-mère vieillit, je quittai pour la ville, ne revenais que 4 mois par année. Le ménage n'allait pas se faire tout seul.
Madame Georges venait de plus en plus souvent, découvrant toujours une nouvelle tâche à accomplir, un coin de plafond à frotter. Elle disait vous savez j'ai encore refusé du travail cette semaine pour pouvoir bien m'occuper de vous autres. Elle disait qu'on était ses préférés et qu'elle nous aimait. Un peu comme si vous étiez mes propres enfants.
Je ne saurais dire quand j'ai commencé à réaliser ce qui se passait. Très tôt j'ai remarqué des petits trucs, mais c'est une chose de noter des faits, c'en est une autre de les lier entre eux jusqu'à produire un sens.
La maison était moins encombrée, presque aérée. Même le sous-sol était en ordre. Doucement, imperceptiblement, une semaine après l'autre, la maison se vidait.
Expliquer. Comment? L'injustifiable. Ne pas avoir trouvé de solution.
Qui dirait que nous avons été volé. Personne ne nous a mis de gun sur la tempe. Je ne trouve pas d'expression en français pour talk someone into doing something. Harcèlement, peut-être.
Elle nous prenait séparément. Chacun pensait avoir été le seul à céder, chacun cachait son secret honteux.
Ce qui marchait le plus souvent avec moi, c'était le discours sur la bonté, les joies du partage, la générosité. Je ne devais me pas montrer radine, vaniteuse ou matérialiste. Il fallait avoir de vraies valeurs.
Elle me disait que je n'avais pas besoin de dix paires de bas, que j'étais une enfant gâtée, que c'était pour les pauvres. Et lorsque finalement je cédais, juste au moment de quitter la pièce avec l'objet, elle faisait comme si elle venait juste de penser à une autre possibilité: tiens, je pourrais peut-être les garder pour moi ? J'avais justement besoin de bas. Ça tombe bien, tu ne trouves pas?
Elle aurait pu nous laisser croire jusqu'au bout qu'elle apportait tout ce qu'elle prenait au bazar de l'église. Mais non, elle devait nous informer que finalement c'était elle qui allait porter nos vêtements, que c'était sa maison qui allait être décorée de nos objets. Elle devait nous le dire, nous le pointer. Tu vois? tu vois?
Voir quoi?
Il y avait des pauvres gens dans la ville. Madame Georges n'en faisait pas partie. Elle était grassement payée, obtenant constamment de mon père des augmentations sous prétexte qu'on la demandait ailleurs. Mais il lui fallait quelque chose de plus que l'argent, quelque chose de personnel, parfois sans valeur matérielle, qu'on aurait voulu gardé pour soi, ou pour un proche; il fallait que ça nous coûte.
Il y eut bien sûr plusieurs refus, des moments de révolte. Mais madame Georges avait un excellent sens du timing et nous faisait des offres que nous ne pouvions refuser. S'occuper du repas à ma place quand je souhaitais sortir voir Chris, reconduire grand-maman à la messe quand c'était glacé dehors, ou mieux, l'aider à entrer dans la baignoire (grand-maman détestait que ses petits-enfants la voient en sous-vêtements). Ou encore, elle nous surprenait en train de faire quelque chose que notre père n'aurait pas approuvé. Ce sera notre petit secret. Elle connaissait toutes nos failles.
Si le ton montait trop, elle trouvait un prétexte au cours de la journée pour nous rappeler qu'elle avait toujours défendu notre père contre les mauvaises langues, contre les commères du centre d'achats qui disaient qu'il ne s'était pas bien occupé de sa femme malade et de ses enfants, qu'elle prenait grand soin de sa réputation, et, donc, de sa clientèle, que les ragots courent si vite dans une petite ville et qu'une réputation peut se faire mais aussi se défaire...
Lorsqu'on lui annonça la mort de grand-maman, l'incroyable madame Georges ne put retenir ses larmes. Elle pleura la mort de cette femme avec qui elle avait tant partagé, évoqua des souvenirs touchants et, sans arrêter de pleurer, nous mentionna que grand-maman lui avait promis son manteau de fourrure.
Je pense que c'est là que ça nous a frappées, Julie et moi, la double sincérité. Elle avait vraiment beaucoup de peine. Et elle voulait vraiment, sincèrement, qu'on lui donne à elle le bien le plus précieux de notre grand-mère. C'était la même personne. La même qui aimait et qui prenait. La même qui pleurait et qui voulait... quoi? une preuve d'amour qui tient dans la main?
Cela prit bien du temps, trop de temps avant que Julie puisse me rejoindre à Montréal. Madame Georges habitait près de son école et offrit de la recevoir pour le repas du midi. Parfois, lorsque Julie mangeait, madame Georges mettait sa main sur sa tête et caressait ses cheveux. Comme le faisait maman. Pendant quelques secondes, pour ma soeur, la vie redevenait «normale».
Avant qu'elle reparte pour l'école, madame Georges lui montrait sur le comptoir le système de son qu'elle avait reçu en cadeau de nos parents et que madame Georges avait fait réparer «pour elle»: il est pas mieux là, hein ma belle? comme ça on peut l'écouter quand tu viens... c'est pas mieux comme ça?
Julie se souvient aujourd'hui de la chaleur d'une main sur sa tête. Elle dit qu'elle a été aimée, quand même.
Il arrive que Julie et moi repensions à certains objets «disparus». Tu te souviens du train électrique? Oui. Et de la poupée en porcelaine? Oui. Elle était belle avec son chapeau, Oui, c'était joli.
Je ne sais pas pourquoi ça nous fait du bien de vérifier que l'autre se souvient de telle bébelle que personne n'a revue depuis quinze ans. Peut-être que comme ça... on est sûr de ne pas avoir rêvé.
J'ai pas rêvé.
J'ai été aimée pour vrai. J'ai été volé pour vrai aussi. Même si je ne comprends pas, même si je ne comprendrai jamais comment c'est possible, comment ça peut coexister. Je sais que cela est arrivé.
C'est un savoir qui se passe de toute compréhension.
Aussi vrai que madame Georges a existé, personne ne m'a mis de gun sur la tempe.
L'arme de Madame Georges est bien plus dangereuse qu'un gun sur la tempe ou un couteau sous la gorge. L'arme de Madame Georges blesse à vie. On fait comment, après, pour se laisser aimer sans payer ?
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