Des buts simples.
1-Retrouver un intérêt pour la nourriture.
Mon secret minceur? Je déteste manger seule. Me voilà transformée en harpie de l'invitation à souper: et ce soir tu es libre? et demain soir?
Regarder l'autre manger me permet d'avaler, mais pas nécessairement d'apprécier. Pour que ça cesse d'être une corvée quotidienne à laquelle je me prête avec discipline, pour que ça redevienne un plaisir, il me faut plus du rituel familier.
Le coup de fil vers 17h pour confirmer l'heure d'arrivée. Faire le calcul, allumer le feu. Puis, guetter à la fenêtre le moment de servir la bière fraîche, le verre de vin. Attendre derrière la porte comme un chien, prête à attraper le sac, le manteau. Surprendre par un détail ajouté, une bougie, une serviette colorée, une goutte de parfum au creux du décolleté.
Gâter mon homme me manque davantage que d'être gâtée par lui.
Alors je harcèle mon entourage à coup de thés, cafés, verre d'eau, t'as besoin de rien, il te manque quelque chose, je t'ai fait un sandwich mais comme je savais pas j'en ai fait un sans tomate et un sans mayo et un avec tomate et mayo et j'ai trois sortes de barres tendres et du jus, de l'eau, du V8, de la gomme, un cure-dent...
Je me suis littéralement garrochée sur ma belle-mère à son arrivée du travail, brandissant un verre de vin comme si sa vie en dépendait: elle n'a même pas eu le temps d'enlever son manteau. Mais je me suis retenue à temps avant d'entrer dans la salle de bain avec les serviettes chaudes alors qu'elle sortait de la douche. On-se-calme...
Les attentions au quotidien me manquent, plus que le sexe, plus que n'importe quoi. La tendresse que je recevais et plus encore celle que je donnais, qui me faisait respirer autrement, parler autrement, marcher autrement, et dans le visage, comme une douceur permanente.
Ce visage à présent tout en os et en nerfs, je ne l'ai vu s'adoucir qu'une fois ces derniers mois, dans le reflet de la vitre du métro de Paris, alors que j'étais prise dans la cohue, la sacoche sur la tête, compressée sur 360 degrés, étourdie de chaleur et d'air rare.
C'était presque un sourire sur la bouche entrouverte. C'était le seul vrai contact physique depuis des mois. Les yeux fermés, avec un peu d'imagination, c'était presque de l'affection.
Migration
Il y a 13 ans
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