dimanche 26 juillet 2009

La trahison des sous-vêtements

Elle a toujours froid. Il a toujours chaud.
5 ventilateurs dans l'appartement.
Et toutes les couvertures d'un côté du lit.

Dans l'atelier, les travailleurs souffrent d'une climatisation peu efficace.
Elle travaille enfouie dans sa robe de chambre.

L'intention: s'assurer que le maillot de l'homme sera bien sec quand il rentrera du travail, en le laissant sur le balcon baigné de soleil.

Le résultat: l'homme découvre que son maillot est habité par une famille de perce-oreilles, après l'avoir enfilé.

Il s'est baigné dans son pyjama.
Elle a retourné les poches de sa robe de chambre.
Il a dormi nu.
Elle a tourné les palmes vers lui.

***

Je n'avais jamais vu quelqu'un sortir aussi vite d'un maillot de bain.

J'ai cru qu'il allait atterrir sur la table, ses jolies fesses au creux des plats, mais ce n'était pas le temps de rêver.

J'ai massacré les insectes sans hésitation et sans remords. Ce qui pourrait laisser croire que j'ai un instinct protecteur très développé, mais aussi, que je vois toute atteinte à l'objet de mon plaisir comme une attaque personnelle.

Aurait fallu demander aux insectes la couleur de mes yeux.

Le lendemain je suis allée voir la psychanalyste que je consulte deux fois par mois jusqu'à ce que j'aie fini la thèse (où jusqu'à ce que j'aie fini de m'en vouloir de ne pas avoir complété la thèse). Le fauteuil était pris, elle avait du retard.

Une dame est sortie de la pièce cachée par le rideau jaune, celle qui attendait est entrée. J'ai pris une revue que j'avais déjà lue.

J'étais toujours sur la chaise droite, quand j'ai réalisé que de là je pouvais entendre ce qui se disait en séance. Je déteste ces voix qui ressemblent peut-être à la mienne. J'ai changé pour le fauteuil. Moelleux. Je me serais sans doute assoupie si ce n'avait été d'une sensation d'inconfort grandissante. La dame est ressortie et a quitté les lieux, juste comme je m'apercevais que j'étais trempée.

La psy et moi avons retiré ce qui enveloppait le fauteuil. Il était profondément imbibé d'urine. Fraîche. Il y avait un chat dans la maison, mais celui-ci n'avait pas été vu au salon. Comment expliquer que la dame qui avait attendu là plus de dix minutes ne s'était rendu compte de rien? Pourquoi n'avait-elle rien dit ?

Je devais absolument me sécher avant de me rendre à l'université. Je me suis retrouvée nue, agenouillée sur le divan du psychanalyste, à m'éponger les fesses devant le buste de Freud.

***

En ces jours de pluie, l'homme et moi éprouvons la même méfiance.
La même satisfaction au toucher d'un slip immaculé.

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