Mon cours de 102 est construit autour de la question de la liberté humaine. Je présente plusieurs textes que je situe entre deux extrêmes que je nomme DÉTERMINISME et LIBERTÉ : tout du devenir humain est déterminé à l'avance, généralement à la naissance // l'humain a la liberté de se construire et de faire sa place dans le monde, il s'autodétermine. J'associe le premier pôle à la tragédie antique (et à sa postérité), et l'autre pôle, à l'existentialisme inspiré de l'humanisme de la Renaissance.
Les étudiants n'ont pas trop de mal à situer les textes dont la représentation du monde va franchement d'un côté ou de l'autre (par exemple: l'importance de l'hérédité chez Zola / la responsabilité individuelle chez Simone de Beauvoir). Ils ont plus de difficulté avec des textes qui se situent à quelque part au milieu des deux pôles: certains personnages sont en partie déterminés et en partie libres de décider de leur sort, comme Oreste dans Les mouches, comme Jonathan, dans Le pigeon.
Me remettant difficilement d'un party de Noël, je me suis retrouvée sur Netflix à écouter des documentaires sur les animaux. J'ai cliqué sur «Monkey Kingdom - Le royaume des singes» de Disney Nature en me disant que ce serait parfait pour m'endormir. Or, j'ai trouvé dans cette anecdote, habilement mise en récit par les réalisateurs, le parfait exemple à présenter aux étudiants : dans un contexte extrêmement déterminé (des castes sociales à forte disparité, fixées dès la naissance) un individu profite d'une perturbation des rituels quotidiens (une brisure de quelques jours dans le temps cyclique) pour changer de place dans son monde.
Je n'ai jamais pris toute une séance de cours pour présenter un film en classe. C'est la première fois que je considère la possibilité de le faire. Reste à voir comment les étudiants vont réagir, si je leur demande d'écouter un documentaire sur les singes dans un cours de littérature...
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