avec le sommeil reviennent les rêves blancs
l'image s'amincit se sépare comme des feuilles de papier mouchoir
suis-je en train de m'éveiller
ou d'avancer tête baissée les cils marbrés de neige
je conduis un ski-doo à toute vitesse
en jedi entre les arbres
en jedi entre les arbres
je prends un risque dans la pente comme si la vie de quelqu'un
est-ce la tempête de mars d'il y a 20 ans ou la vague géante sur le Japon
devant mes yeux
est-ce la tempête de mars d'il y a 20 ans ou la vague géante sur le Japon
devant mes yeux
la civière est accrochée à l'arrière
l'homme blessé au genou gémit
je cale l'autre rescapé sur le siège
il me tient par la taille et nos casques s'entrechoquent
un autre m'envoie la main sur le bord de la trail
les mêmes yeux dans la fente des tissus je ne sais plus qui est qui
je crie à celui qui attend au croisement
« je ne comprends pas »
je remonte la visière et crie plus fort
l'homme a le sourire imperturbable du chat
d'Alice qui me faisait si peur
j'enlève ma mitaine pour toucher le poils derrière son oreille
la neige recouvre mon bras
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